
La ville androgyne – Projet d’étude sur Ouessant
Ce projet d’étude explore la notion d’androgynie appliquée à l’espace urbain, sur l’île d’Ouessant, en Bretagne. En effet, l’androgyne est un être dont l’ambiguïté ne permet pas de déterminer son genre. Ainsi, la traduction architecturale de ce concept s’appuie sur une collection de dualités : féminin, masculin, androgyne.
Ouessant, une île historiquement genrée
Ouessant est historiquement un territoire que l’on peut sexualiser. En effet, les hommes étaient marins de commerce et n’étaient présents que quelques semaines par an, excepté les gardiens de phare, installés en périphérie de l’île. Ce sont donc les femmes qui géraient entièrement la vie sociale. Par ailleurs, ne touchant pas directement le salaire de leur mari, elles devaient subvenir à leurs propres besoins : travailler la terre, élever des animaux, ramasser le goémon et bricoler.
Trois territoires distincts
L’analyse du territoire révèle trois espaces bien différenciés. D’abord, les côtes, ponctuées de phares — territoire plutôt associé à la présence masculine. Ensuite, les hameaux avec leurs maisons ouessantines traditionnelles — territoire féminin par excellence. Enfin, le village de Lampaul, bourgeois et anciennement habité par des continentaux, forme un troisième espace plus neutre.
Vers une ville androgyne
La ville androgyne se construit progressivement, en accentuant toutes ces microdifférences. Ainsi, le projet architectural propose de révéler et d’amplifier ces dualités pour créer un espace qui est à la fois l’un et l’autre — ni tout à fait masculin, ni tout à fait féminin.
Projet réalisé en collaboration avec Andrea Ventimiglia
Sous la direction de Susanne Stacher et Ido Avissar
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